Quand un terrain inutilisé, cesse d’être un manque pour devenir une promesse.

Dans un monde urbain souvent marqué par le béton et les espaces délaissés, Bloem (qui veut dire fleur en néerlandais), entreprise lilloise fondée par Violette (encore une fleur) et Marianne, incarne une approche résolument différente de la végétalisation.

Cette structure pionnière du « paysage à impacts » réinvestit les zones vacantes :parkings, friches et surfaces bétonnées pour y implanter une biodiversité locale adaptée, les transformer en lieux de vie, de lien social, de production comestible et de régénération écologique, le tout en étroite collaboration avec les territoires.

Une démonstration concrète qu’il est possible de « faire autrement » en déplaçant des fonctionnalités abandonnées vers des potentialités créatrices.

Dans cette perspective, la créativité incorpore la capacité à percevoir des devenirs là où d’autres ne voient que des résidus, des contraintes ou des surfaces neutres.

Du béton à la biodiversité : une reconversion concrète

Bloem propose une gamme complète de services de végétalisation urbaine sur-mesure et clé en main, adaptés aux besoins :

  • des entreprises
  • sièges sociaux,
  • bailleurs sociaux,
  • promoteurs et acteurs du médico-social.

Chacune de ces structures peut-être alors accompagnée dans la réalisation et l’accompagnement d’aménagements sur :

  • des parkings
  • des toitures-terrasses
  • façades,
  • pelouses
  • friches et espaces vacants.

Parmi les offres phares de Bloem figurent les jardins prêts-à-vivre : le Jardin Liberté (cocon convivial et comestible avec plantes aromatiques, petits fruits et verger de proximité favorisant pauses partagées et bien-être), le Verger Ludique (espace de détente, apprentissage et jeux intergénérationnels avec espèces fruitières locales) et la Nature Sauvage (refuge biodiversité pour observation, résilience écologique et labellisation). S’ajoute le Jardin Hors-Sol Modulaire, solution 100 % réversible et rapide à déployer sur zones bétonnées ou abandonnées, créant un îlot de biodiversité comestible sans travaux lourds.

Chaque projet suit trois phases : avant-projet (visite de site, étude de sol, diagnostic biodiversité et co-construction avec les usagers), installation (réalisation avec équipes d’insertion) et suivi sur 3 ans (entretien écologique, animations et mesure d’impact).

Réemploi et ancrage territorial : l’économie circulaire en action

Bloem privilégie systématiquement les plantes locales rustiques issues de pépiniéristes régionaux (circuit court < 50 km autour de Lille) et les matériaux biosourcés ou de réemploi : ardoise existante, bois local, paille, briques et ressources recyclées. Cette approche réduit l’empreinte carbone, limite les déchets et soutient l’économie locale. Les chantiers intègrent des personnes en réinsertion, créant des emplois durables et des opportunités de découverte de métiers.

Violette et Marianne, passionnées par l’amélioration de la qualité de vie citadine et la biodiversité, ancrent leurs projets dans les Hauts-de-France où elles réimplantent des espèces endémiques. Les récoltes peuvent même se transformer en produits artisanaux locaux (tisanes, épices).

 

Un « autrement » aligné sur les défis urbains

Dans les contextes de bailleurs sociaux, promoteurs, entreprises ou secteurs médico-sociaux, Bloem crée des espaces qui favorisent le bien-vivre ensemble : cohésion d’équipe, lien intergénérationnel, bien-être cognitif via la nature, et contribution à la résilience climatique (lutte contre les îlots de chaleur, gestion de l’eau). Ces aménagements ne remplacent pas les fonctionnalités initiales mais les enrichissent ou les déplacent vers des usages plus riches et multifonctionnels.

Comme les Serres de Beaudreville, il s’agit de réenchanter des sites abandonnés par une vision interdisciplinaire et régénérative.

Comprendre que le lieu n’a été pas abandonné physiquement, mais déserté de son potentiel.

Nous entrons progressivement dans une époque où la valeur d’un lieu ne se mesure plus uniquement à son rendement ou à sa conformité, mais à sa capacité à produire des interactions fécondes : entre humains, entre espèces, entre usages. Le lieu n’est plus un décor. Il devient un organisme relationnel.

Car un espace n’est pas toujours un espace vide. C’est souvent un espace réduit à une seule utilité. Une pelouse qui n’est plus qu’un coût d’entretien. Une toiture qui n’est plus qu’une couverture technique. Un jardin qui n’est plus qu’un élément de communication visuelle.

Transformer ces espaces suppose alors un changement de regard avant même un changement d’aménagement.

Vers des paysages à impacts mesurables

Bloem ne promet pas de révolution abstraite mais des réalisations tangibles : jardins autonomes en strates permaculturelles, attractifs pour la faune locale, faciles d’entretien et co-construits avec les usagers. L’entreprise mesure les bénéfices (biodiversité, infiltration hydrique, bien-être) et anime les lieux pour maintenir l’engagement.

Concrètement, un rapport d’impact complet est remis dans le cadre du suivi sur 3 ans. Il valorise les résultats observés grâce à des suivis (capteurs et diagnostics) portant sur l’augmentation de la biodiversité locale, l’amélioration de la gestion de l’eau (infiltration et réduction du ruissellement), la lutte contre les îlots de chaleur, ainsi que les bénéfices sociaux (lien social, bien-être des usagers, cohésion). Ces données chiffrées et qualitatives permettent de documenter les gains écologiques, climatiques et sociétaux des installations, renforçant leur crédibilité auprès des acteurs territoriaux et pour les démarches de labellisation ou RSE. 

Et demain ?

L’exemple de Bloem invite à interroger nos propres territoires : quels espaces abandonnés pourraient, avec un peu d’imagination, devenir des leviers de biodiversité, de lien social ou de développement local ? La réponse est souvent plus proche qu’on ne le pense et le sujet dépasse largement la question paysagère.

Ce qui se joue ici relève d’un déplacement culturel profond : passer d’une logique d’entretien à une logique d’usage ; d’une esthétique du contrôle à une écologie de la relation ; d’un espace décoratif à un espace vivant.

Cette bascule rejoint plus largement les réflexions contemporaines autour de l’économie circulaire et du réemploi. Dans d’autres secteurs, le même mouvement apparaît : reconditionnement de mobilier, seconde vie des équipements, réactivation de matières déjà présentes.

C’est probablement là que réside l’enjeu le plus profond : apprendre à identifier les potentialités dormantes du réel. Révéler ce qui était déjà là, en attente d’usage, de soin ou d’imagination. C’est ce que Bloem entreprend en rejoignant cette voie émergeante où créer peut aussi signifier : réactiver, relier, transformer, réhabiter.

Yasmina

Écrit par Yasmina

Fondatrice du projet Sésame, convaincue qu'un monde plus durable se construit à plusieurs.

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