L’IMIC, un lieu qui change vraiment la vie

« Le jour où j’ai franchi la porte de l’IMIC, j’avais mal depuis sept ans. J’avais tout essayé : morphine, infiltrations, antidépresseurs… rien ne marchait plus. » Ce type de témoignage est fréquent chez les patients qui arrivent à l’Institut de Médecine Intégrative et Complémentaire (IMIC) du CHU de Bordeaux. Créé en janvier 2019 et installé depuis mars 2022 dans un bâtiment lumineux à l’hôpital Xavier-Arnozan à Pessac, l’IMIC est « une des 4 unités du Service Douleur et Médecine Intégrative du pôle des Neurosciences Cliniques ».

Dirigé par le Pr François Tison, l’institut propose hypnose et méditation de pleine conscience ou de compassion comme compléments aux traitements classiques. « 80 % des patients souffrent de douleur chronique, 10 % de Parkinson ou d’autres maladies neurodégénératives, et 10 % sont des soignants au bord du burn-out » Une infirmière du bloc témoigne ainsi : « Après trois séances d’auto-hypnose, je dors à nouveau sans somnifères. Je n’y croyais pas. »

Consultations individuelles, programmes de groupe, téléconsultations, méditation pour Parkinson (protocole M-PARK) : tout est gratuit et pris en charge par l’hôpital public, avec quatre protocoles de recherche déjà financés. Une patiente de 62 ans résume souvent : « Pour la première fois, on m’a appris quelque chose que je peux refaire seule chez moi. »

Pourquoi cette approche change tout pour le patient ?

La médecine intégrative « intègre toutes les approches thérapeutiques appropriées, conventionnelles et non conventionnelles, en se concentrant sur la personne dans sa globalité. » 

Trois bénéfices concrets, régulièrement observés :

1. Moins de médicaments, moins d’effets secondaires. 

Les équipes rappellent qu’on peut « utiliser la méditation, l’acupuncture ou la thérapie manuelle pour la gestion de la douleur avant ou au lieu de prendre des opioïdes » et ainsi « diminuer certains effets secondaires tout en améliorant la qualité de vie »

2. Plus d’efficacité. 

« Associer pharmacologie et approches non pharmacologiques optimise l’efficacité du traitement et limite l’iatrogénie (ensemble des effets indésirables provoqués par la prise d’un ou plusieurs médicaments) »

3. Redevenir acteur. 

« La médecine intégrative procure un milieu où les patients s’impliquent activement dans la gestion de leur santé » Beaucoup repartent avec des outils simples – auto-hypnose en trois minutes, respiration consciente – qu’ils utilisent seuls au quotidien.

 

À Bordeaux, c’est trois pans ne sont pas une simple utopie : c’est déjà le quotidien de centaines de patients et de soignants.

Crédit photo : Julia_Caesar_Unsplash

Yasmina

Écrit par Yasmina

Fondatrice du projet Sésame, convaincue qu'un monde plus durable se construit à plusieurs.

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